| XXII - Quand les deux ogres totalitaires se partagent l'Europe (ou le pacte Germano-Soviétique) |
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En 1939, la France et l’Angleterre engagent des négociations avec Staline pour contenir les visées expansionnistes d’Hitler qui a déjà annexé la Tchécoslovaquie. Mais le 23 août 1939, Hitler et Staline concluent un pacte de non-agression :
Rappel des événements :
En 1939, Krivitsky, un agent des services secrets soviétiques se réfugia en Occident et mit en garde les démocraties occidentales sur le fait que Staline, depuis 1933, recherchait un accord avec Hitler. Krivitsky est traité comme un menteur et un fou. Le 23 août 1939, peu de mois après les « folles » révélations de Krivitsky, nazis et communistes signeront le pacte germano-soviétique qui, entre autres, prévoyait le partage de la Pologne.
Rappelons-nous que ce fut l’invasion de la Pologne qui déclencha la seconde guerre mondiale.
Le 1er septembre 1939, les allemands envahissent la Pologne suivis, le 17 septembre par les Soviétiques.
Le 22 septembre les armées soviétique et allemande défilent ensemble dans la ville polonaise de Brest-litovsk.
Le 28 septembre 1939 les communistes envahissent l’Estonie, le 5 octobre la Lettonie et le 10 octobre la Lituanie.
Le 11 octobre, le général soviétique Serov donne l’ordre d’extirper des états baltes « tous les éléments anti-soviétiques ».
Evidemment les arrestations et les déportations se firent par milliers.
Le 30 novembre 1939 les communistes envahissent la Finlande, qui résiste courageusement et contraint les Soviétiques, le 17 mars 1940, à signer la paix.
Quand, quelques mois après, les nazis occupent la France, Molotov, ministre des affaires étrangères soviétique, fait à l’ambassadeur allemand à Moscou « Les plus chaleureuses félicitations du gouvernement soviétique pour les magnifiques succès des forces allemandes ».
Comme on peut le voir, le mythe d’une idéologie communiste rempart et défense de la démocratie non seulement est faux, mais sert à cacher les très graves responsabilités des dirigeants soviétiques dans le déclenchement de la seconde guerre mondiale et l’entente et la complicité des régimes nazis et communiste : mais, à ce moment là, entre en jeu la survie même des peuples soviétiques, qui doivent à eux-mêmes, et certainement pas à l’idéologie communiste, la victoire sur l’armée allemande.
Fort de ce pacte, les troupes soviétiques envahissent la Pologne le 17 septembre 1939 (et la Finlande en novembre). Molotov se réjouit de la destruction de la Pologne, « l’enfant monstrueux du Traité de Versailles », et la « Pravda » dénoncent vigoureusement les pays « capitalistes » qui entendent lutter contre le nazisme :
Le 31 octobre, Molotov pérore : « Les chefs de la Pologne déclarent à grands cris la solidité de leur Etat et la puissance de leur armée. Un bref coup porté par l’armée allemande, auquel s’ajoute celui de l’Armée Rouge a suffi à détruire l’enfant monstrueux du Traité de Versailles ». Sans commentaire.
Pravda du 11 novembre 1939 : « A présent, l’Angleterre et la France, incapables désormais de lutter pour restaurer la Pologne, se posent en combattants des droits de la démocratie contre le nazisme. Le gouvernement britannique proclame aujourd’hui qu’il a pour but, ni plus ni moins s’il vous plait, la destruction du nazisme. Il s’agit donc d’une guerre idéologique, d’une sorte de guerre religieuse du moyen âge. Toute personne saine d’esprit comprendra qu’une idéologie ne peut être détruite par la force. Il est donc non seulement insensé mais encore criminel de continuer une guerre pour la destruction du nazisme sous la fausse bannière d’une lutte pour la démocratie. Quelle sorte de démocratie est-ce d’ailleurs quand le Parti Communiste Français est en prison ? ».
Les historiens nous ont aujourd’hui révélé l’intégralité des « rapports annexes » du pacte germano-soviétique, qui sont en fait l’élément essentiel du pacte, et qui nous révèlent que c’est à un véritable partage de l’Europe que les deux systèmes totalitaires entendaient se livrer. Seule la folie expansionniste d’Hitler, envahissant l’Union Soviétique le 22 juin 1941, mit un terme à une entente qui aurait pu se poursuivre fort longtemps.
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