« Ainsi Héraclite l'Obscur compare l'énergie qui crée le cosmos à un enfant qui rassemble des pierres en jouant, édifie des tas de sable et les éparpille »

Nietzsche, citation du jour publiée le 19 mai -  
XX - Le massacre a commencé bien avant Staline
Photos 1 à 4 :
-       Cadavres d’enfants morts de faim
-       Enfants amenés devant la commission chargée de juger les délits des mineurs
-       Enfants abandonnés arrêtés dans une rafle
-       Un enfant affamé à l’agonie.
 
Phots 5 à 8 :
-       Les effets de la famine
-       Du pain !
-       Enfants jouant aux cartes dans la rue à Moscou
-       Dans la fosse commune (Cimetière d’une village dans le bassin du Donetz).
 
En lisant cette lettre adressée par Lénine aux membres du Bureau Politique le 19 mars 1922 réclamant qu’on utilise la famine pour « frapper mortellement l’ennemi à la tête », on comprendra qu’il n’y a pas eu, comme les communistes ont tenté de le faire croire dans les années 1960-1970, un « déviationnisme stalinien », mais que dès l’origine le marxisme-léninisme fut une doctrine sanguinaire ne reculant devant rien pour parvenir à ses fins :
 
« Concernant les événements de Chouïa, qui vont être discutés au Bureau Politique, je pense qu’une décision ferme doit être adoptée dès maintenant, dans le cadre du plan général de lutte sur ce front. (…) Si l’on prend en compte ce que nous rapportent les journaux à propos de l’attitude du clergé face à la campagne de confiscation des biens de l’Eglise, plus la prise de position subversive du patriarche Tikhon, il apparaît parfaitement clairement que le clergé Cent-Noirs est en train de mettre en œuvre un plan élaboré visant à nous infliger en ce moment même une défaite décisive. (…) Je pense que notre ennemi est en train de commettre une erreur stratégique monumentale. En effet, le moment actuel est exceptionnellement favorable pour nous, et non pas pour eux. Nous avons quatre-vingt-dix-neuf chances sur cent de frapper mortellement l’ennemi à la tête avec un succès total, et de nous garantir des positions, pour nous essentielles, pour les décennies à venir. Avec tous ces gens affamés qui se nourrissent de chair humaine, avec les routes jonchées de centaines de milliers de cadavres, c’est maintenant et seulement maintenant que nous pouvons (et par conséquent devons) confisquer les biens de l’Eglise avec une énergie farouche, impitoyable. C’est précisément maintenant et seulement maintenant que l’immense majorité des masses paysannes peut nous soutenir ou, plus exactement, peut ne pas être en mesure de soutenir cette poignée de cléricaux Cent-Noirs et de petits-bourgeois réactionnaires… Nous pouvons ainsi nous procurer un trésor de plusieurs centaines de millions de roubles-or (songez aux richesses de certains monastères !). Sans ce trésor, aucune activité étatique en général, aucune édification économique en particulier, et aucune défense de nos positions n’est concevable. Nous devons coûte que coûte nous approprier ce trésor de plusieurs centaines de millions de roubles (peut-être même de plusieurs milliards !). Tout ceci ne peut être fait, avec succès que maintenant. Tout indique que nous n’arriverons pas à nos fins à un autre moment, parce que seul le désespoir engendré par la faim peut entraîner une attitude bienveillante, ou du moins, neutre, de masses à notre égard… Aussi, j’en arrive à la conclusion catégorique que c’est le moment d’écraser le clergé Cent-Noirs de la manière la plus décisive et la plus impitoyable, avec une telle brutalité qu’il s’en souvienne pour des décennies.
Seul le camarade Kalinine prendra publiquement les mesures. En aucun cas, le camarade Trotski ne devra apparaître dans la presse ou en public…. Il faudra envoyer l’un des membres les plus énergiques et des plus intelligents du Comité exécutif central… à Chouïa, avec des instructions verbales de l’un des membres du Bureau politique. Ces instructions stipuleront qu’il a pour mission d’arrêter à Chouïa le plus grand nombre possible de membres du clergé, de petits-bourgeois et de bourgeois, pas moins de quelques douzaines, qui seront accusés de participation directe ou indirecte à la résistance violente contre le décret sur la confiscation des biens de l’Eglise. De retour de mission, ce responsable rendra compte soit au Bureau politique réuni au complet, soit à deux de ses membres. Sur la base de ce rapport, le Bureau politique donnera, verbalement des directives précises aux autorités judiciaires, à savoir que le procès des rebelles de Chouïa doit être mené le plus rapidement possible, avec pour seule issue l’exécution par fusillade d’un nombre très important de Cent-Noirs de Chouïa mais aussi de Moscou et d’autres centres cléricaux… Plus le nombre de représentants du clergé réactionnaire et de la bourgeoisie réactionnaire passés par les armes sera important, et mieux cela sera pour nous. Nous devrons donner immédiatement une leçon à tous ces gens de telle sorte qu’ils ne songeront même plus à quelque résistance que ce soit des décennies durant… »