« Ainsi Héraclite l'Obscur compare l'énergie qui crée le cosmos à un enfant qui rassemble des pierres en jouant, édifie des tas de sable et les éparpille »

Nietzsche, citation du jour publiée le 19 mai -  
XIX - Le massacre a commencé bien avant Staline
Le XXème Congrès du P.C. de l’U.R.S.S., en février 1956, a sans doute marqué une date importante, puisque pour la première fois furent reconnus les crimes de Staline. Mais ce ne fut pas, loin s’en faut, la fin du mensonge. En cherchant à mettre sur le dos du seul Staline les crimes du communisme, KHROUTCHEV et le P.C. soviétique, dont le discours sera bien entendu répété littéralement comme une leçon bien apprise par tous les partis frères, chercheront à faire oublier les crimes de Lénine, et le caractère essentiellement pervers de l’idéologie marxiste-léniniste.
 
Pour se faire une idée de la « pacification » des régions tenues par des détachements paysans au printemps 1921, on peut lire l’ordre du jour n° 171 du 11 juin 1921, signé Antonov-Ovseenko et Tchoukhatchevski, nommés par le Bureau Politique de Lénine :
 
« 1. Fusiller sur place sans jugement tout citoyen qui refuse de donner son nom.
     2. Les commissions politiques de district ou les commissions politiques d’arrondissement ont le pouvoir de prononcer contre les villages où sont cachées des armes un verdict sur l’arrestation d’otages et de les fusiller dans le cas où l’on ne rendrait par les armes.
    3. Dans le cas où l’on trouverait des armes cachées, fusiller sur place sans jugement l’aîné de la famille.
    4. La famille qui aura caché un bandit dans sa maison est passible d’arrestation et de déportation hors de la province, ses biens sont confisqués, l’aîné de cette famille est fusillé sans jugement.
    5. Considérer comme des bandits les familles qui cachent des membres de la famille ou des biens des bandits et fusiller sur place sans jugement l’aîné de cette famille.
    6. Dans le cas de fuite d’une famille de bandit, répartir ses biens entre les paysans fidèles au pouvoir soviétique et brûler ou démolir les maisons abandonnées.
    7. Appliquer le présent ordre du jour rigoureusement et sans pitié ».
 
Massacres organisés en 1919 à Kiev et en Estonie, en 1921-1922 dans les régions de la Volga :
 
Photos 1 & 2 (de gauche à droite)
 
Kiev (1919) Après la retraite de l’Armée rouge, les cadavres des victimes de la Tcheka sont exhumés au n° 5 de la rue Sadovaïa où « l’instrument de la terreur bolcheviste » avait l’un de ses centres.
 
Walk (Estonie) (1919) Les bolcheviks qui tentent de s’emparer du pouvoir exécutent leurs otages choisis parmi les élites ; ils se retirent en laissant derrière eux des centaines de cadavres : l’extermination des adversaires politiques ou de groupes sociaux entiers est nécessaire pour remporter la guerre civile. Ces massacres préfigurent les grandes déportations subies par les Baltes en 1940-1941, puis en 1944-1945.
 
Photos 3 & 4
 
Conséquence de la guerre civile et de la politique bolchevique vis-à-vis des campagnes, une terrible famine ravage les régions de la Volga. En 1921-1922, elle entraîne la mort de cinq millions de personnes, les enfants en sont les premières victimes.