| X - Quarante ans de fantasmes ou la performance inouïe des intellectuels Français |
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Ils se sont toujours trompés
« Cela fait cinquante ans que ça dure. A Paris, quelques dizaines d’hommes donnent le ton. Ils discourent à l’antenne. Ils publient des articles. Ils écrivent des livres. Ils enseignent en chaire. Ils interviennent dans les colloques. Ils signent des pétitions. Ils déjeunent ensemble. Ce n’est pas comme dans la chanson de Brel : chez ces gens-la, monsieur, on pense. On pense pour les autres.
Ils auront épousé toutes les idéologies. En 1945, ils professaient que l’URSS était un paradis, et rédigeaient des poèmes à la gloire de Staline. En 1960, ils prétendaient que la décolonisation résoudrait miraculeusement les problèmes des peuples d’outre-mer. En 1965, ils saluaient la juste lutte de Fidèle Castro, Hô Chi Minh et Mao. En 1968, ils proclamaient que le bonheur naîtrait de la suppression de toute contrainte. En 1975, ils se réjouissaient de la prise de pouvoir par Pol Pot, au Cambodge. »
Jean SEVILLIA, Le terrorisme intellectuel, p. 9
Quarante années de mensonges ininterrompus
1949, Jean-Toussaint DESANTI : « Je vois en Staline le modèle même du savant nouveau » (Staline, savant de type nouveau, Revue « La Nouvelle Critique »)
1953, Jean-Paul SARTRE : « Le citoyen soviétique possède à mon avis une entière liberté de critique […] Vers 1960, avant 1965, si la France continue à stagner, le niveau de vie moyen en U.R.S.S. sera de 30 à 40 % supérieur au nôtre »
(Interview à Libération, juillet 1954)
1972, Philippe SOLLERS : « Je vois en la Chine espoir et confirmation pour les révolutionnaires du monde entier » (Revue Tel Quel, printemps 1972)
De 1966 à 1976, un vent de folie maoïste soufflera en France
18 avril 1975, la « perle » du journal « Le Monde » : « Phnom Pen libérée »
« La ville est libérée. On entend partout des coups de feu dans le centre-ville, mais l’enthousiasme populaire est évident. Des groupes se forment autour des maquisards jeunes, heureux, surpris par leur succès facile. Des cortèges se forment dans les rues et les réfugiés commencent à rentrer chez eux »
Rappelons que cette « libération » de Phnom Pen par Pol Pot et ses sbires fera plus de deux millions de victimes ….
Pourquoi le mensonge a-t-il si longtemps fonctionné ?
Le livre de François FURET Le passé d’une illusion (Robert Laffont / Calmann-Lévy 1995) est dans sa totalité une réponse à cette interrogation.
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Citations
L’économie socialiste ne garantit ni la démocratie ni la liberté individuelle. J’ai eu l’idée naïve qu’en l’absence de classe capitaliste, il n’y aurait aucun intérêt à l’exploitation d’une classe par une autre. Il était devenu évident que cette vision n’était pas vraisemblable. Le défaut le plus grave était la possibilité que le socialisme, en concentrant le contrôle de l’économie dans l’appareil d’Etat, facilitât l’autoritarisme ou même le rendît inévitable.
Kenneth ARROW
Le marxisme ne peut fabriquer que des esclaves.
Albert CAMUS
La faiblesse des démocraties dans les sociétés post-communistes ne vient pas de ce qui s'est passé avant leur entrée dans le communisme. Le fait fondamental a été la suppression de l'économie de marché, suppression qui détruit les rapports entre les hommes. Le communisme était fondé sur la passivité de la société. Il arrive à l'humanité de s'engager dans des voies sans issues: le communisme était l'une d'elles.
Bronislaw GEREMEK "Colloque l'expérience de la liberté" (Mexico 27/08/90-01/09/90)
C'est commettre une erreur sur la nature des partis communistes que de les considérer comme des partis semblables aux autres. Aux voix que l'électoralisme permet d'engranger, les communistes préfèrent l'influence que leur gagne le noyautage des administrations. Ils appellent de leurs vœux une politique d'étatisation, de nationalisation et de dirigisme qui les met à même de s'introduire dans la bureaucratie nouvelle.
René GILLOUIN
La liberté de critique est la liberté de l'opportunisme, c'est la liberté de transformer le parti en un parti démocratique réformiste, la liberté de faire pénétrer dans le socialisme les idées bourgeoises et les éléments bourgeois. La fameuse liberté de critique signifie éclectisme et absence de principes.
LENINE, Que faire ?
A la question: "Les ouvriers peuvent-ils gouverner l'État ?", Lénine répondit un jour: "Tous les gens pratiques savent que ce sont des fables." Il affirme respecter la volonté des masses et la démocratie, mais dissout par un coup de force l'Assemblée constituante, en janvier 1918, parce que les masses n'y ont élu qu'un quart de députés bolcheviques.
Tout gouvernement révolutionnaire exerce la tyrannie en se prétendant dépositaire d'une volonté générale qui, si elle pouvait se manifester, le renverserait, et qui le fait, d'ailleurs, dès qu'elle le peut.
Les révolutionnaires sont toujours contre l'État jusqu'à ce qu'ils s'en soient emparés, puis pour l'État total après leur conquête du pouvoir. S'ils échouent dans cette conquête, ce qui fut le cas, ils se réfugient souvent dans le terrorisme, qui procède de la logique jacobino-bolchevique: une minorité se conçoit et se sacre majorité par l'imagination, et entend imposer par la violence ses vues à la vrai majorité. Comme celle-ci n'en veut nullement, la majorité imaginaire croit alors devoir agir par la terreur sur la majorité réelle. La seule différence est que les communistes agissent contre la démocratie du dedans de l'appareil d'État, et les terroristes en dehors de lui. Mais les uns et les autres sont des totalitaires parce que des révolutionnaires (cf. dictature).
Jean-François REVEL
Nous ne souhaitons pas nier que le 19 juillet (1936) ait apporté une explosions de passions et de violences, mais c'est là un phénomène naturel dans le cadre du transfert de pouvoir des mains d'une élite de privilégiés au peuple. Il est possible que notre victoire ait pour conséquence la mort violente de quatre ou cinq mille Catalans répertoriés de droite ou liés à la réaction politique et ecclésiastique. Mais une telle effusion de sang n'est rien d'autre que l'inévitable conséquence de la Révolution, laquelle en dépit de toutes les barrières se répandra comme un flot indompté en dévastant tout sur son passage jusqu'à ce qu'elle perde progressivement son impulsion.
Diego Abad de Santillan, cité par Burnett Bolloten "The Spanish Civil War" (1991)
La pauvreté et les souffrances ne sont pas les conséquences de la libéralisation mais l'héritage de la gestion communiste qui a ruiné l'économie, endetté la nation, détruit l'esprit d'entreprise. L'absurdité des accusations portées contre la libéralisation se nourrit d'une comparaison entre le Libéralisme réel et un socialisme idéal. L'ouverture au marché ne va-t-elle pas conduire au déferlement des inégalités ? Comme si les régimes antérieurs avaient été véritablement démocratiques, socialistes et justes. En réalité, ils n'étaient pas démocratiques mais policiers, cela chacun le sait, et ils étaient profondément injustes, ce qui se dit moins. L'une des injustices les plus choquantes était l'accès inégal aux soins médicaux, aux médicaments, aux hôpitaux. Combien de Polonais ont vu mourir un enfant, un proche parent, faute de soins élémentaires et de médicaments simples, ceux-ci étant réservés aux dignitaires du Parti dans des hôpitaux spéciaux gardés comme des bases militaires ? Une infranchissable frontière a toujours séparé dans le monde socialiste la nomenklatura et le peuple.
Pourtant, si misérable fut-il, le Welfare State polonais donnait à la plus grande partie de la population un emploi et une apparence de sécurité. Mais c'est parce qu'il les enfermait dans la misère: un "travailleur" polonais percevait moins de l'État employeur qu'un chômeur occidental ne reçoit de l'État garant de la protection sociale. Même les acquis les mieux reconnus du socialisme n'existent pas, les locaux scolaires sont si insuffisants que les enfants fréquentaient l'école quatre heures par jour, à tour de rôle. Après 70 ans de socialisme.
Guy SORMAN
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