| V - Communisme et Nazisme : D'évidentes proximités |
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Pierre CHAUNU (historien, membre de l’Académie française) :
« Communisme et nazisme sont des jumeaux hétérozygotes »
Un même culte de la violence
« En France, ou le climat politique était plus calme, le Parti communiste français (PCF) créa lui aussi ses groupes armés. C’est Albert Treint, l’un des secrétaires du parti qui les organisa, son grade de capitaine gagné pendant la guerre lui conférant quelques compétences en la matière. Leur première apparition eut lieu le 11 janvier 1924, lors d’un meeting communiste où, contesté par un groupe d’anarchistes Treint appela le service d’ordre à la rescousse.
Une dizaine d’hommes armés de revolver se dressèrent alors sur la tribune et tirèrent à bout portant sur les contestataires, faisant deux morts et plusieurs blessés. Faute de preuves, aucun des assassins ne fut poursuivi. Une affaire similaire eu lieu un peu plus d’une année plus tard. Le jeudi 23 avril 1925, quelques semaines avant les élections municipales, le service d’ordre du PCF vint troubler la sortie d’une réunion électorale des Jeunesses patriotes, organisation d’extrême droite, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, rue Damrémont. Certains militants étaient armés et n’hésitèrent pas à faire usage de leur revolver.Trois militants des JP furent tués et un blessé mourut deux jours plus tard. Jean Taittinger, le dirigeant des Jeunesses patriotes, fut interpellé, et la police lança plusieurs séries de perquisitions chez les militants communistes.
En dépit de ces difficultés, le Parti poursuivi dans cette voie. En 1926, il chargea Jacques Duclos, l’un de ses députés fraîchement élu – et donc couvert par l’immunité parlementaire -, d’organiser des Groupes de défense antifascistes (formés d’anciens combattants de la guerre 1914-1918) et des Jeunes gardes antifascistes (recrutés parmi les Jeunesses communistes) ; Ces groupes paramilitaires constitués sur le modèle du Rote Front allemand défilèrent en uniforme le 11 novembre 1926. Parallèlement, Duclos s’occupait de la propagande antimilitariste et publiait une revue, Le Combattant rouge, qui enseignait l’art de la guerre civile, décrivant et analysant les combats de rue, etc.
En 1931, le Komintern publia en plusieurs langues un livre intitulé L’Insurrection armée, signé du pseudonyme de Neuberg – en fait des responsables soviétiques – qui présentait les différentes expériences insurrectionnelles depuis 1920 ; ce livre fut publié de nouveau en France au début de 1934. Ce n’est qu’avec le virage politique du Front populaire à l’été – automne 1934 que cette ligne insurrectionnelle fut remisée au second plan, ce qui, sur le fond, n’atténua en rien le rôle fondamental de la violence dans la pratique communiste. Toute cette justification de la violence, cette pratique quotidienne de la haine de classe, cette théorisation de la guerre civile et de la terreur trouvèrent leur application dès 1936 en Espagne où le Komintern envoya beaucoup de ses cadres qui se distinguèrent dans les services de répression communistes ».
Le livre noir du communisme, p. 311-312
Règne du parti unique et culte du chef
« Ainsi les deux régimes font-ils connaître presque ensemble deux traits qui les font mettre à part de l’humanité civilisé : le règne du parti unique sur l’Etat, et la domination sans partage dudit parti par un seul homme. Système politique sans lois fixes, où rien ne protège personne, et où la police politique peut arrêter et faire disparaître n’importe qui sauf un seul ».
François FURET, Le passé d’une illusion, p. 241
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