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Bien peu ont échappé à la tendance soixante-huitarde... en tout cas pas moi. C’est ce barbu un peu hippie que découvrirent, un beau matin de septembre 1971, mes premiers élèves du lycée Laetitia Bonaparte d’Ajaccio. Laquelle ou lequel d’entre eux m’enverra un message ?
Ma première classe au lycée Bonaparte d’Ajaccio. Un souvenir inoubliable, cela va de soi. L’esprit « Mai 68 » étant encore bien présent, trois de mes élèves firent une fugue pour rejoindre pendant quelques semaines une communauté hippie sur le continent. On jeta bien sûr un regard soupçonneux sur leur professeur de philosophie. A leur retour, ces trois demoiselles devinrent mes élèves préférées. L’une d’entre elle, en particulier, Pascale, occupa une place toute particulière... Je ne l’ai plus jamais revue, et j’aimerais bien sûr savoir ce qu’elle est devenue.

Mes années corses furent interrompues par mon service national, en 1972-1973, au 4ème RIMA : classes à Fréjus, puis suite du service à la caserne Grignan à Toulon. Fier d’avoir été « marsoin » et d’avoir brièvement appartenu à la « Colo ». Ici (à gauche) sur les balcons de la caserne Grignan avec mes copains de chambrée, dont j’ai perdu la trace. Quel « bidasse » de cette classe se reconnaîtra ?
Après la dissolution des « Sisyphes », je continuai durant quelques années à pratiquer assidûment la guitare (au centre). J’en jouais en particulier tous les étés en Corse, où je passais un mois dans le village de ma première épouse Marie-Paule : le beau village de Lévie, dans la région de Sartène, où je ne suis plus jamais retourné depuis mon divorce en 1979, et dont je garde de merveilleux souvenirs.
Après mon service militaire, je ne revins pas à Ajaccio, mais à Bastia, dans la classe d’Hypokhâgne du lycée « Marbeuf », qui m’avait été proposée par l’Inspecteur Général Muglioni, corse lui aussi, qui allait peu à peu devenir mon ami. Je louai une petite villa à Pietranera, au début du cap corse. On me voit ici (à droite) devant cette villa de Pietranera avec mon fils Régis en 1975.
J’eus la chance d’avoir des élèves passionnants : Jean-François Bernardini, le créateur du groupe « I Muvrini » (qui allait ensuite être l’instituteur de ma fille Vanina), le nationaliste Jean-Michel Rossi, assassiné à l’Ile Rousse, Jean-Guy Talamoni, figure de proue du nationalisme insulaire, que je retrouve avec plaisir à la Fête du Livre de Toulon, et bien d’autres encore. Ce serait une grande joie d’avoir des nouvelles de quelques-uns de mes élèves bastiais dont je garde un très fort souvenir.

Après mon divorce en 1979, je m’installai dans un appartement meublé du centre de Bastia, au 22 du boulevard Paoli, où j’allais vivre les années de célibataire dont les péripéties de la vie ne m’avaient pas laissé profiter au moment où il est plus naturel sans doute de les vivre. Ce fut là l’une des plus belles périodes de ma vie. On me voit ici dans mon appartement de Bastia en septembre 1979 (à gauche).
Un an plus tard, toujours à Bastia (photo centrale). Ici, à droite, je souffle les bougies de mes 33 ans avec ma fille Vanina.

A Pino, dans le Cap Corse, pendant été 1980, dans la villa de Marina, qui avait été mon élève de Terminale, et qui devait partager ma vie deux années durant (à gauche).
Avec Raoul Locatelli, sur une scène de Bastia (à droite) : pendant des années, l’association « Présence poétique » créée par Raoul, monta des spectacles poétiques et musicaux de qualité qui obtinrent un grand succès. J’ai eu le plaisir de revoir Raoul à la FNAC de Toulon. Les autres membres de l’équipe ne sont présents que dans mes souvenirs. Je serais enchanté d’avoir de leurs nouvelles.

A gauche et au centre, dans mon appartement à Bastia en 1979. A droite, toujours à Bastia, même lieu, trois ans plus tard, été 1982.
A Toulon, dans le jardin de ma sœur, de retour de l’île Maurice où je venais de faire un voyage mémorable (Pâques 1982, à gauche). Devant les îles sanguinaires, près d’Ajaccio, printemps 1983 (au centre) puis, à droite, le jour de mon second mariage en juillet 1983 : j’épousai Emmanuelle, mon élève d’hypokhâgne, dont le père, étonnant hasard de l’existence, avait été le camarade de mon propre père à Alger dans les années 1920.

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